Projet scientifique 2024-2028

Le Centre Norbert Elias fédère des chercheur·es issu·es de différentes disciplines (anthropologie, histoire, sciences de l’information et de la communication, sociologie, linguistique, géographie) convaincu·es de l’unité des sciences humaines et sociales. Le laboratoire est implanté à la Vieille Charité à Marseille et sur le campus Hannah Arendt à Avignon Université. Il regroupe près de 50 chercheur·es, 35 doctorant·es et une équipe d’appui d’une douzaine de personnes qui travaillent sur l’analyse et la description des mondes sociaux.

De la pluridisciplinarité à l’interdisciplinarité
La pluridisciplinarité est au principe de la création du laboratoire. Elle repose sur le postulat de l’unité des sciences sociales et de leur capacité à construire, par la confrontation entre leurs fondements théoriques et méthodologiques, les conditions d’une pratique ouverte, enrichie et sans cesse questionnée de nos disciplines. Cette dimension pluridisciplinaire évolue dans les dernières années vers une ouverture croissante aux disciplines hors sciences humaines et sociales. Les recherches conduites dans l’unité sur l’environnement, la santé ou la parenté collaborent de façon croissante avec les sciences du vivant à travers différents projets, ce qui suscite de nouvelles questions concernant l’élaboration des questions de recherches, les méthodologies mises en œuvre ainsi que les formes de restitutions de ces travaux. Les recherches menées dans la thématique culture et sur les formes d’écritures alternatives en sciences sociales impliquent des collaborations avec les disciplines artistiques associées à la création audiovisuelle ou au théâtre vivant.

L’attention privilégiée à l’enquête et à la dimension empirique des faits sociaux étudiés est une deuxième dimension historiquement structurante du projet scientifique de l’unité, qui s’avère aujourd’hui fortement renouvelée par les recherches conduites au laboratoire.
Ce choix épistémologique des conditions de production et de diffusion des savoirs en sciences sociales nous amène à préférer l’enquête et la dimension empirique des faits sociaux étudiés à l’imposition d’un cadre théorique préalable. Nos options méthodologiques conduisent au développement d’approches qualitatives multiples, ancrées dans le travail de terrain et la démarche ethnographique, l’observation fine des phénomènes étudiés, le travail en archives, ou encore sur le traitement quantitatif et statistique de données numériques produites ou collectées, tout matériau permettant d’ancrer nos recherches dans le réel plutôt qu’au moyen de modèles explicatifs généraux préexistants.
Ces questionnements épistémologiques ont été nourris, durant le précédent contrat quadriennal, par le déploiement des recherches sur les écritures visuelles et sonores en sciences sociales, interrogeant la manière dont les formes d’écritures non académique amènent à repenser les conditions de l’enquête, la mise en œuvre de la recherche et le processus d‘écriture, en permettant de nouvelles formes de narration et de diffusion des savoirs en sciences sociales. L’implication des chercheurs de l’unité dans la réalisation d’œuvres audiovisuelles, littéraires ou de parcours d’exposition est désormais un trait marquant qui caractérise les travaux conduits au Centre Norbert Elias.

L’engagement des chercheurs dans la cité
Le troisième point qui caractérise les recherches conduites au sein du laboratoire concerne les relations avec la société civile. Face aux défis majeurs que représentent, dans nos sociétés contemporaines, la rapidité et l’ampleur des bouleversements environnementaux comme les multiples transitions politiques, économiques et sociales auxquelles nous sommes confrontés, les recherches conduites au Centre Norbert Elias éclairent des problèmes cruciaux, telles que les questions de pauvreté, de précarité et d’inégalité, de violences sexuelles, les problématiques sanitaires et environnementales, l’accès à la culture, les dynamiques de migration et de circulation dans la globalisation, ou les reconfigurations des rapports de genre et de parenté. En interaction avec les pouvoirs publics, la société civile et les médias, les chercheurs de l’unité s’attachent à partager leurs connaissances afin d’éclairer ces grands enjeux. Certains sont engagés dans différentes formes de recherches participatives. D’autres sont membres d’observatoires nationaux, auditionnés par le législateur et/ou impliqués dans différents collectifs, ou interviennent dans l’enseignement secondaire ainsi que dans de nombreux évènements dédiés au grand public. Leur démarche se veut tout à la fois réactive, en réponse aux sollicitations, et proactive, allant au-devant du public – notamment par des formes innovantes et plus accessibles de diffusion des connaissances.
Dans la perspective de travaux diffusés plus largement dans la sphère scientifique et appropriables par la société civile, nous nous inscrivons pleinement dans la continuation, pour le laboratoire, des orientations pour la science ouverte promues par nos institutions de tutelle.

Cinq axes thématiques
A partir de ces axes communs, le projet scientifique de l’unité est celui d’un redéploiement thématique ouvert aux reconfigurations des domaines préexistants comme aux propositions qui ont émergées et se sont développées dans le dernier mandat. Pour 2024-2028, nos recherches s’organisent selon cinq grands axes :