Appel à contributions pour la 4e journée d’étude du réseau SHS-Pesticides, « L’industrie des pesticides sous le regard des sciences sociales. Produire, promettre, se défendre », qui se tiendra en mars 2024, Campus Condorcet, Aubervilliers.

Date limite de réception des propositions
lundi 11 septembre 2023

Comité d’organisation
Carole Barthélémy, Eve Bureau-Point, Marin Coudreau, Jean-Noël Jouzel, Giovanni Prete, Annie Martin

Argumentaire

Le recours massif aux pesticides en agriculture a fait l’objet de nombreux travaux en sciences humaines et sociales. Ces travaux partagent un constat central : le développement des pesticides, partout dans le monde, repose sur l’investissement et les stratégies des entreprises – le plus souvent privées – qui fabriquent, font circuler et encouragent la diffusion de ces produits en même temps qu’elles promeuvent des modèles de développement agricole qui en dépendent. Si, le plus souvent, ce constat est un élément du contexte d’investigation des recherches en SHS, il est aussi le point de départ d’explorations dédiées au fonctionnement et au rôle de l’industrie des pesticides, à la compréhension de ses stratégies productives et commerciales, et de sa capacité à orienter la régulation publique et les usages.

Ces explorations ne sont pourtant – au regard du volume des recherches menées sur les pesticides – pas nombreuses. En particulier, les travaux francophones ou animés par des équipes françaises documentant directement le rôle de l’industrie restent rares, comme en témoigne leur quasi-absence dans les différentes éditions des journées SHS-pesticides organisées depuis trois ans. Le constat est d’autant plus frappant que la thématique de l’influence de l’industrie des pesticides est en revanche au cœur de multiples investigations conduites par les journalistes ou les acteurs associatifs engagés dans les controverses publiques sur la question.

Pour sa quatrième édition, le réseau SHS-Pesticides souhaite donc favoriser les échanges et la réflexion collective autour de cet objet empirique que sont les « industries pesticides ». Le terme ici employé est laissé volontairement large et flou. Il renvoie non seulement aux entreprises qui fabriquent directement des substances actives et/ou des produits commercialisés comme pesticides, mais aussi à l’ensemble des organisations qui contribuent explicitement à rendre possibles cette fabrication et cette commercialisation : les laboratoires auxquels les multinationales de la chimie agricole délèguent leurs recherches ou leurs tests, les cabinets d’avocats ou de relations publiques qui assurent la défense de leurs intérêts, les associations professionnelles qui les représentent dans les instances internationales, les entreprises qui distribuent les pesticides… Toutes ces organisations peuvent être appréhendées comme constituant les « industries pesticides ». Ce flou définitionnel renvoie au souci de permettre à un large nombre de chercheur.se.s intéressé.e.s de travailler leurs matériaux à l’aune de cette réflexion sur les industries. Il dénote surtout la nécessité de ne pas fermer trop vite les discussions portant sur le fonctionnement, le rôle et l’influence des industries pesticides en adossant l’analyse à des définitions figées des frontières de ces industries : comment par exemple penser l’appartenance aux « industries pesticides » de laboratoires de recherches financés par des multinationales de la chimie ou d’autorités gouvernementales investies massivement par des experts de ces mêmes multinationales ? La réponse à cette question n’est pas univoque et implique des choix théoriques, empiriques et politiques dont la mise en débat ne peut être qu’heuristique.

 

Pistes d’investigation et de communication

Les communications attendues sur les « industries pesticides » peuvent s’inscrire dans des orientations théoriques et disciplinaires multiples. Trois dimensions de l’activité des « industries pesticides » pourraient structurer les échanges.

 

Produire

Une des activités principales des « industries pesticides » est la production de substances chimiques (principes actifs, adjuvants…), d’objets (des bidons, des matériels d’épandage, des semences modifiées, etc.) et de services (conseil agricole, information météorologique, marchandisation, etc.) liés à l’usage de ces substances. Les recherches en SHS contribuent à décrire et comprendre ces activités, en rendant compte des logiques politiques, économiques, ou techniques qui les animent.

Plusieurs travaux d’histoires se sont intéressés à l’émergence des firmes d’agro-fourniture, le développement de leurs marchés en compétition ou avec le soutien d’organisations publiques de recherche et de développement agricole (Bertomeu-Sánchez 2019 ; Castonguay 2004 ; Fourche 2004 ; Jas 2021 ; Palladino 1996 ; Rasmussen 2001 ; Russell et al. 2001). En économie politique, de nombreuses publications se sont intéressées aux stratégies industrielles et de marché des firmes de l’agrofourniture et à la place des activités de fabrication et de vente de pesticides en leur sein. Des travaux ont ainsi décrit les différentes phases de concentration des firmes d’agro-fourniture qui ont vu par exemple les industries productrices de semences se rapprocher des industries productrices de pesticides depuis les années 1970 (Assouline 1989 ; Bijman et Joly 2003 ; Hayenga 1998 ; Lemarié 2003 ; Musselli Moretti et Secretariat 2006 ; Quezada 2004) pour sécuriser leurs revenus, anticiper l’expiration de leurs droits de propriété et s’assurer de nouveaux marchés (Clapp 2021). Ces travaux permettent de souligner qu’aujourd’hui la production de pesticides est un secteur d’activité très concentré, aux mains de quelques multinationales, elles-mêmes très largement inscrites dans des dépendances avec des fonds de pension, et des logiques de marché spéculatives qui favorisent les choix politiques de rentabilité à court terme. Ils mettent également en évidence la nécessité de prendre en compte la variété des entreprises qui fabriquent et vendent des pesticides et le caractère pas toujours aligné de leurs intérêts : par exemple, le développement depuis les années 1980 d’entreprises spécialisées dans la fabrication et la commercialisation de pesticides « génériques », dont les brevets sont tombés, représentées par des organisations professionnelles distinctes (par exemple Agro-care et non Croplife), est un facteur important de l’évolution de la structure des marchés de pesticides et des stratégies industrielles (Assouline 1988 ; Jansen 2017). A la suite de ces premiers travaux, il serait intéressant d’approfondir la compréhension du fonctionnement des marchés et des logiques industrielles, en prenant en compte les évolutions plus récentes (par exemple, le développement du biocontrôle (Aulagnier et Goulet 2017) ou l’émergence de nouveaux acteurs issus du Sud Global (Biggi et al. 2021 ; Galt 2008 ; Shattuck 2021).

Si les formes de mise en marché des pesticides sont bien documentées, en revanche, les modalités de leur production concrètes restent un champ quasiment inexploré : comment est organisé le travail dans les usines de la chimie qui fabriquent les éléments constitutifs des pesticides ? Quelles sont, par exemple dans l’Union Européenne, les règles de protection des travailleurs dans l’industrie chimique ? Comment, aujourd’hui, sont réalisés les tests de laboratoire et de terrain nécessaires à la mise sur le marché de produits nouveaux ? Comment les normes d’usages (fiches de données de sécurité, étiquettes) des produits sont construites par l’industrie ? Leur élaboration est-elle subordonnée au respect de normes ou de règles nationales, internationales ? Comment sont-elles rendues accessibles dans les différents mondes socioculturels ? Comment se déploient concrètement les liens entre les industries productrices de pesticides et les organisations (négociants, coopératives, etc.) qui les vendent ou les revendent ? Sur ces questions, les publications sont rares, du fait certainement de la difficulté pour les chercheurs en SHS d’accéder aux terrains d’enquête. Seules les situations les plus visibles et médiatisées semblent investiguées, à l’instar des accidents industriels (par exemple l’accident de Bhopal, qui a donné lieu à de multiples analyses pour « comprendre l’accident ») (Eckerman 2005 ; Fortun 2001) ou les territoires de production les plus contestés (à l’instar d’Hawaï, zone utilisée intensivement pour tester les produits pesticides) (Brower 2016).

 

Promettre

Le succès du développement, au cours du 20ème puis du 21ème siècle de l’usage des pesticides est lié à de multiples éléments. Contre les explications réductrices qui n’y verraient que la conséquence automatique de pratiques d’influence directes – plus ou moins honnêtes (du lobbying à la corruption) – des industries pesticides, la plupart des recherches en sciences sociales insistent sur la multiplicité des formes qu’a pu prendre cette influence. Elles soulignent que son efficacité doit s’analyser et se comprendre dans le temps long, comme une « emprise » (Jas 2021) soutenue par de multiples acteurs récepteurs et promoteurs des promesses sociales et technologiques de ces produits, au-delà des seuls industriels (pouvoirs publics, organisations syndicales agricoles, organisations techniques, etc.). Il existe de multiples manières d’appréhender ces promesses pour les sciences sociales.

Il s’agit par exemple d’analyser les arguments mobilisés par les industries pesticides dans les arènes du marché, de la régulation ou de l’expertise dans lesquelles elles promeuvent leurs produits directement ou indirectement, ou cherchent à limiter les contraintes qui pèsent sur leur commercialisation et développement. Ces arguments sont multiples, ils peuvent renvoyer à des grands objectifs vertueux de l’utilisation des pesticides : de la lutte contre la « faim dans le monde » (Glover 2010) au « développement durable » (Champion et Gendron 2004 ; Fouilleux et Goulet 2012 ; Shattuck 2021) en passant par la lutte contre les maladies infectieuses ou contre le réchauffement climatique (Cloteau 2022). Ils peuvent également renvoyer à l’amélioration des conditions concrètes d’utilisation des pesticides afin de diminuer leurs impacts négatifs (sur les plans économique, sanitaire ou encore environnemental). Un exemple bien documenté étant celui des initiatives concertées des industriels des pesticides pour promouvoir l’usage « sûr » (safe use) des produits qu’ils commercialisent face aux inquiétudes quant à leurs effets sur la santé des travailleurs, au niveau international ou national (Ansaloni 2017 ; Murray et Taylor 2000). Dans cette perspective, les recherches en sciences sociales s’appuient non seulement sur l’analyse des cadrages déployés par les industries pour faire valoir leurs intérêts, mais aussi sur la circulation des individus, des ressources financières, des outils techniques qui accompagnent le déploiement de ces cadrages et qui sont au cœur des activités de lobbying nationales et internationales.

D’autres travaux en sciences sociales se sont attachés à décrire plus particulièrement les promesses des industries pesticides qui prennent la forme d’arguments scientifiques ou experts sur l’efficacité ou la dangerosité des pesticides. Il s’agit alors de documenter les stratégies de production de connaissances scientifiques et d’expertise déployées par les industries pesticides pour accéder au marché, faciliter la circulation et la commercialisation de leurs produits. Si, depuis plusieurs dizaines d’années, des travaux mettent en évidence l’influence de ces acteurs sur les recherches agronomiques qui ont accompagné le développement des pesticides (Prete et al. 2021), une réflexion s’est plus récemment structurée autour des stratégies délibérées de production de l’ignorance par les industries des pesticides (Fabbri et al. 2018 ; Jouzel 2019 ; Dedieu 2022). Dans cette perspective de nombreuses recherches s’inscrivent à la suite des travaux qui ont étudié les stratégies d’influence sur d’autres substances (tabac, amiante, plomb, etc.). Elles ont pu, comme ces derniers, s’appuyer sur les documents mis à disposition au cours des grands procès américains (Monsanto Papers, Toxic Papers, Poison Papers etc.) impliquant des organisations produisant des pesticides et leurs alliés (cabinets d’avocats, agences de relations publiques, etc.), qui travaillent souvent avec des stratégies similaires au service de multiples clients industriels. Elles s’attachent à la fois à documenter les investissements industriels en vue d’influencer les chercheurs scientifiques et les agendas de recherche (Fontans-Álvarez et al. 2018), les agences d’expertise, mais aussi plus généralement les normes politiques et techniques qui encadrent la régulation des pesticides (Demortain 2018).

 

Se défendre

Les promesses des industries pesticides font, depuis le début de leur diffusion, l’objet de contestations de la part de multiples acteurs : organisations environnementales, associations savantes, journalistes d’investigation… Les travaux des sciences sociales qui ont documenté ces mobilisations internationales et nationales marquées par l’opposition aux pesticides et l’appel à leur interdiction ou leur plus stricte régulation sont aujourd’hui très nombreux. En France, notamment, plusieurs recherches ont décrit l’investissement des associations environnementales et de travailleurs dans la dénonciation des risques de ces substances et leurs effets. Si ces mobilisations portent une critique riche et soulèvent la responsabilité de multiples acteurs impliqués dans la diffusion des pesticides, elles mettent souvent au cœur de leurs discours et revendications la responsabilité des firmes multinationales productrices de pesticides, et certaines d’entre elles en particulier (Bayer-Monsanto) (Jouzel et Prete 2014 ; Prete et Cournil 2019). L’exploration de cette focalisation de l’attribution de responsabilité sur les industries pesticides reste à approfondir, à la fois pour comprendre les conditions sociales qui la favorisent et ses effets politiques et sociaux.

Les industries pesticides développent des stratégies de défense face aux critiques qui leur sont adressées. De manière évidente, elles se défendent dans les arènes légales et judiciaires où leur responsabilité est mise en cause, en contestant par exemple la légitimité de certaines institutions à juger des affaires (Boix et Bohme 2012) ou en invoquant la menace de poursuites pour faire pressions sur des acteurs publics ou privés (Bray et al. 2022). S’il existe de nombreuses analyses de ces procédures où le droit est le vecteur de la confrontation politique sur les pesticides entre industries, acteurs publics et organisations citoyennes, plusieurs perspectives restent à approfondir. La majorité des analyses disponibles s’intéressent en effet avant tout aux stratégies légales déployées par les activistes opposés aux pesticides et explorent moins en détail la construction des stratégies légales de défense des industries pesticides. Par ailleurs, elles portent souvent sur le contexte américain de common law, du fait de l’existence d’une communauté de recherche croisant analyses juridiques et sociales plus larges et d’une meilleure accessibilité aux données empiriques. Il reste donc à documenter finement la manière dont, dans des contextes de droit autres (en France, en Europe ou ailleurs), les industries mobilisent le droit pour défendre leurs intérêts, en engageant directement des procédures, ou plus indirectement, à l’ombre du droit (en menaçant d’y recourir, en travaillant en amont à influencer la définition des catégories juridiques qui structurent la régulation des pesticides, etc..). Parmi les questions à explorer : quelle est la contribution des industries des pesticides aux travaux d’organisations internationales productrices de soft law telles que la FAO ou l’OCDE ? Les pratiques et règles mises en œuvre dans les organisations internationales garantissent-elles la traçabilité et la visibilité des stratégies internationales de ces industries ?
Une manière plus visible pour les industries pesticides de se défendre face à leurs opposants est d’investir l’espace médiatique et d’y diffuser à la fois les promesses attachées aux produits qu’elles commercialisent mais aussi de répondre aux oppositions auxquelles elles font face. Des recherches existent qui se sont penchées sur les pratiques de communication des industries pesticides à destination des prescripteurs de terrain de ces substances, relais essentiels (Villemaine 2017), et, plus généralement du grand public. Des travaux se sont ainsi intéressés aux stratégies des firmes pour enrôler les organisations agricoles dans la défense de leurs intérêts via des associations techniques ou politiques (Mayance 2020). D’autres se sont attelés à décrire et analyser à proprement parler les discours promotionnels (en particulier les publicités de l’agro-industrie) et les cadrages dominants dont ils étaient porteurs (Kroma et Butler Flora 2003). Les évolutions structurelles de l’économie des médias transforment les stratégies communicationnelles des industries. Par exemple, l’émergence des réseaux sociaux les a encouragées à investir des ressources pour contourner les prescripteurs traditionnels de l’information scientifique et atteindre directement le public profane (Foucart et al. 2020). Il serait intéressant de poursuivre ces analyses pour mieux comprendre l’évolution des pratiques communicationnelles des industries pesticides en prenant en compte à la fois la variété des médias, des types d’information et des types de publics visés.

 

Travailler sur les industries, un contexte d’enquête particulier en SHS ?

Les journées d’études seront l’occasion d’explorer ces trois pistes de recherche. Elles seront aussi l’occasion, de manière plus transversale de réfléchir aux conditions particulières d’enquête qu’induit le fait de vouloir travailler sur un objet comme les industries pesticides. Travailler sur les industries pesticides pose en effet un ensemble de difficultés d’autant plus aiguës pour les chercheurs dont les archives constituent la ressource première. Certains historiens se sont récemment interrogés sur la distorsion de nos connaissances due à l’asymétrie dans l’accès aux archives étatiques et aux archives des entreprises (Mitman, 2021). Cette question se pose également en termes géographiques. Comment parer aux effets de myopie engendrés par l’absence d’accès aux archives et aux données commerciales et industrielles dans des contextes autres que ceux des démocraties libérales ? Alors que la Chine est devenue le premier producteur de pesticides au monde, notre attention demeure encore largement focalisée sur les pays historiques des géants de l’agrochimie (BASIC, 2021 ; Galt 2008). Par ailleurs, si les plaidoyers pour l’ouverture des archives peuvent sembler vains au regard des pratiques de lobbying et du secret cultivé par les grandes firmes, les politiques de conservation de ces fonds d’archives privés et le déploiement de narratifs historiques propres à ces industries pourraient toutefois constituer un sujet d’étude en soi, et leur mise en lumière un levier pour repenser collectivement les législations sur l’accès aux archives comme biens communs.

Cet appel à communication entend ainsi également susciter des contributions réflexives sur les approches ou les méthodes particulières qu’il faut développer pour documenter les stratégies et pratiques d’organisations privées, dont les activités sont particulièrement opaques et controversées. A cet égard, il est intéressant de noter qu’une grande partie des enquêtes les plus précises, fouillées, disponibles publiquement aujourd’hui sur ces industries ne semblent pas produites par des équipes de recherche académiques mais par d’autres acteurs qui enquêtent : ONG nationales ou internationales (Générations futures, PAN, Corporate European Observatory, Public eye, etc.), journalistes militants ou journalistes d’investigations (en France par exemple : Marie-Monique Robin, Fabrice Nicolino, Stéphane Foucart, Stéphane Horel, etc.). Le colloque peut être l’occasion de réflexions sur l’articulation entre ces différentes modalités de production de connaissances, et un espace constructif d’échanges sur les méthodes d’enquêtes sur les industries pesticides.

 

Propositions

Les propositions de communication seront envoyées sous la forme d’un résumé d’environ 400 mots, en français ou en anglais, accompagné d’une présentation de(s) (l’)auteur.e.s) (statuts, institution de rattachement, thèmes de recherche, adresse électronique) aux personnes suivantes : Giovanni Prete (prete@univ-paris13.fr) et Eve Bureau-Point (eve.bureau-point@cnrs.fr).

 

Calendrier

Ouverture de l’appel à communication : décembre 2022
Date limite de réception des propositions : lundi 11 septembre 2023
Notification de décision : semaine du 02 octobre 2023
Envoi d’un texte de 5 pages pour les sélectionnés : première semaine de janvier 2024
Journées d’étude : mars 2024

 

Références

  • Ansaloni, Matthieu. 2017. « Le marché comme instrument politique. Le désengagement de l’État dans l’usage des pesticides en France », Sociétés contemporaines, vol. 105, no1 : 79 -102.
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  • Assouline, Gérald. 1988. « Dynamiques agricoles et stratégies de l’industrie phytosanitaire dans les pays en voie de développement. Le cas du Brésil et de la Thaïlande », Économie rurale, vol. 188, no1 : 38-44.
  • Aulagnier, Alexis et Frédéric Goulet. 2017. « Des technologies controversées et de leurs alternatives. Le cas des pesticides agricoles en France », Sociologie du travail, vol. 59, no 3.
  • BASIC, Analyse de la création de valeur et des coûts cachés des pesticides de synthèse, 2021, https://lebasic.com/wp-content/uploads/2021/11/BASIC_Etude-Creation-de-Valeur-et-Couts Societaux-Pesticides_20211125.pdf
  • Bertomeu-Sánchez, José Ramón. 2019. « Arsenical Pesticides in Early Francoist Spain: Fascism, Autarky, Agricultural Engineers and the Invisibility of Toxic Risks », HoST – Journal of History of Science and Technology, vol. 13, no1 : 76‑105.
  • Biggi, Gianluca, Elisa Giuliani et Arianna Martinelli. 2021. « Living in a poisonous World. The Geography of Inventions in the Pesticide Industry ».
  • Bijman, J. et P. B. Joly. 2003. « Innovation challenges for the European agbiotech industry. », AgBioForum, vol. 4, no1 : 4‑13.
  • Boix, Vicent et Susanna R Bohme. 2012. « Secrecy and justice in the ongoing saga of DBCP litigation », International Journal of Occupational and Environmental Health, vol. 18, no 2 : 154‑161.
  • Bray, Laura A., Nicholas J. Membrez-Weiler et Thomas E. Shriver. 2022. « Agrochemical Exposure & Environmental Illness: Legal Repression of Latin American Banana Workers », The Sociological Quarterly, vol. 63, no 2 : 359‑378.
  • Brower, Andrea. 2016. « From the Sugar Oligarchy to the Agrochemical Oligopoly: Situating Monsanto and Gang’s Occupation of Hawai‘i », Food, Culture & Society, vol. 19, no 3 : 587‑614.
  • Castonguay, Stéphane. 2004. Protection des cultures, construction de la nature: agriculture, foresterie et entomologie au Canada, 1884-1959 Les éditions du Septentrion.
  • Champion, Emmanuelle et Corinne Gendron. 2004. « Le développement durable selon Monsanto », Écologie & politique, vol. 29, no 2 : 121 -133.
  • Clapp, Jennifer. 2021. « Explaining Growing Glyphosate Use: The Political Economy of Herbicide-Dependent Agriculture », Global Environmental Change, vol. 67: 102239.
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  • Dedieu, François. 2022. Pesticides: Le confort de l’ignorance, Paris, Le Seuil.
  • Demortain, David. 2018. « Are scientists agents of corporate power on public policy? Food and chemicals firms, the International Life Science Institute (ILSI) and the use of science for diffuse lobbying strategies ».
  • Eckerman, Ingrid. 2005. The Bhopal Saga: Causes and Consequences of World’s Largest Industrial Disaster, Hyderabad, Universities Press,India.
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  • Fortun, Kim. 2001. Advocacy after Bhopal: Environmentalism, Disaster, New Global Orders, Chicago, ILUniversity of Chicago Press.
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  • Fouilleux, Ève et Frédéric Goulet. 2012. « Firmes et développement durable : le nouvel esprit du productivisme », Études rurales, no190 : 131‑146.
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  • Glover, Dominic. 2010. « The corporate shaping of GM crops as a technology for the poor », The Journal of Peasant Studies, vol. 37, no1 : 67‑90.
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  • Kroma, Margaret M. et Cornelia Butler Flora. 2003. « Greening pesticides: A historical analysis of the social construction of farm chemical advertisements », Agriculture and Human Values, vol. 20, no1 : 21‑35.
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  • Mayance, Pierre. 2020. « Un verdissement contrôlé par la profession. Le cas de l’agriculture raisonnée en France », in Quand l’alimentation se fait politique(s), Eve Fouilleux, Laura Michel.PUR: 143 160.
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    URL : https://slate.com/news-and-politics/2021/11/corporate-archives-lack-of-access-problems-for historians.html
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  • Russell, Edmund, mund Russell, Hall Distinguished Professor of Us History Edmund Russell et Hall Distinguished Professor of History Donald Worster. 2001. War and Nature: Fighting Humans and Insects with Chemicals from World War I to Silent SpringCambridge University Press.
  • Shattuck, Annie. 2021. « Generic, growing, green?: The changing political economy of the global pesticide complex », The Journal of Peasant Studies, vol. 48, no 2 : 231‑253.
  • Villemaine, Robin. 2017. « Le productivisme agricole en images. Une analyse sociohistorique de couvertures illustrées de guides techniques (1959-2014) », Images du travail, travail des images, no 4.