Axe thématique. Écologies et soins

Axe thématique : Écologies et soins des mondes vivants (contrat 2024-2028) Coordination : Eve Bureau-Point (anthropologie, CNRS), Moritz Hunsmann (sociologie, CNRS)

Les membres de la thématique interrogent les façons d’habiter le monde, les interactions entre espèces, les manières de prendre soin (ou non) de l’autre, des écosystèmes et du monde animal. Prendre soin des plantes, du milieu de vie et des individus implique de penser aux imbrications et rétroactions entre mondes « naturels » et sociaux, de réfléchir aux rôles et conséquences des activités humaines, mais aussi à la place des différentes cosmogonies dans le rapport des humains à leur milieu. Les travaux de cette thématique explorent les logiques de soins et ce qu’elles engendrent, mais aussi la destruction du vivant et les inégalités face aux problèmes sanitaires et environnementaux. Une dimension structurante des travaux menés dans le cadre de cette thématique est leur caractère fortement interdisciplinaire, qui se traduit par de nombreuses collaborations de chercheur.es du CNE avec d’autres disciplines – de la géographie ou l’économie, à l’agronomie, la médecine, la biologie, la chimie ou encore l’océanographie. Quant aux terrains d’enquête, il y a à la fois un fort ancrage local (à Marseille / Avignon et en région PACA), et une solide ouverture à l’international (avec des terrains en Argentine et au Brésil, aux États-Unis, au Cambodge, au Maroc, en Roumanie et Serbie, ainsi qu’en Tanzanie et au Burkina Faso). Trois sous-thèmes sont abordés :

1- Environnement, travail et inégalités sociales de santé

Tout en poursuivant les recherches sur les systèmes biomédicaux (institutions, dispositifs, professionnel.les de santé) qui organisent le soin des personnes malades, nous approfondirons l’analyse des enjeux de santé liés aux expositions toxiques dans le quotidien et dans l’environnement de travail, en examinant les inégalités sociales qui les structurent. Même si le champ de la santé environnementale peine à se structurer (faible institutionnalisation, dispositifs et politiques publiques rares, absence de professionnel.les de soins attitré.es), la compréhension progressive de l’ampleur des impacts de la contamination des milieux et des corps, ainsi que des aléas climatiques, sur la santé humaine oblige à repenser les relations entre santé et environnement, et à interroger la place – ou l’absence de place – accordée, par les institutions sanitaires, à l’environnement de vie et de travail des personnes. Alors qu’un grand nombre de contaminations environnementales prennent leur source sur des lieux de travail (débordements industriels, pesticides, etc.), une attention particulière portera sur les travailleuses et travailleurs, considéré.es comme les sentinelles des expositions environnementales et sur la division sociale du travail et des risques.

2- Relations aux mondes vivants dans l’anthropocène

Avec la multiplication des crises sanitaires et écologiques, le constat d’une pollution généralisée des milieux et d’un effondrement du vivant bouleversent notre relation à l’environnement et nos manières de vivre ensemble. Vivre en milieu abîmé et contaminé transforme profondément les rapports des humains à l’alimentation et la santé, aux mondes végétal, animal, social, politique et professionnel. Nos disciplines des sciences sociales mettent en lumière ces ajustements. Certaines activités humaines produisent des mondes toxiques, d’autres tentent d’alerter ou de les réparer – ou, au contraire, de perpétuer l’invisibilité et le doute. Nous proposons de penser ces dynamiques ensemble et d’interroger la confrontation à la violence lente et multiple des pollutions (conflits d’usage, initiatives de réparation et remédiation) ainsi que les modes de gouvernance et de régulation (dispositifs démocratiques, conventions internationales, cheminements législatifs…).

3- Collaborations interdisciplinaires et pluriprofessionnelles

Les membres de la thématique sont engagés dans des collaborations interdisciplinaires diverses avec les sciences du vivant (agronomie, hydrologie, climatologie, médecine, biologie, (ergo-)toxicologie, océanographie, écologie) et pluriprofessionnelles dans le cadre de différents dispositifs de recherche (science citoyenne, recherche-interventionnelle, science citoyenne,…) impliquant des partenaires divers comme le CIRAD, l’IRD, l’ISSPAM, le GREC-Sud (Groupe régional d’experts sur le climat), le Centre hospitalier d’Avignon, des associations de patients, des organisations syndicales ou encore des professionnels de la santé-travail. Nous proposons d’analyser collectivement ces collaborations originales mêlant, d’une part, les sciences sociales aux sciences du vivant et instaurant, d’autre part, des coopérations stables, parfois quotidiennes, avec des acteurs/trices extérieurs au monde de la recherche. Dans cette même perspective, les écritures alternatives en sciences sociales se développent comme méthode et comme outil de recherche. Les membres de la thématique participent activement à des dispositifs de création, de co-production et de circulation des connaissances qui sortent des cercles académiques, en s’appuyant sur des collaborations avec des commissaires d’exposition, des dessinateurs, des photographes, des institutions patrimoniales, des réalisateurs documentaires, des animateurs radio, etc.. Nous interrogeons, sur le plan méthodologique et épistémologique, l’influence de la pluralité de ces démarches sur la production des savoirs, leurs potentiel et limites, et leurs implications sur la place des chercheur.es dans le monde social.

Programmes en cours
En préparation

Activités scientifiques

Réseau scientifique

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