L’épreuve des frontières sociales – Marion Fontaine et Emmanuel Pedler (dir.), dans la collection « Enquête »

L’épreuve des frontières sociales – Marion Fontaine et Emmanuel Pedler (dir.), dans la collection « Enquête »

Les frontières sociales et culturelles qui séparent les milieux, les mondes, les catégories ont fait l’objet ces dernières années d’un intérêt renouvelé. Ces frontières sont cependant souvent vues comme de purs actes de pouvoir, s’imposant de l’extérieur aux actrices et aux acteurs. L’objectif de ce volume est, en croisant les apports des sciences sociales, de proposer une perspective un peu différente. Il s’agira ici de décrire les dynamiques qui conduisent à l’édification de frontières, à leurs consolidations ou à leurs transformations. Si les classes et les milieux semblent vivre une vie séparée, ces catégories ne deviennent réalité qu’en étant mises en œuvre et expérimentées par les acteurs. Ces mises à l’épreuve doivent permettre de saisir les frontières moins comme des barrières définies une fois pour toutes, que comme des processus en permanence réaménagés par les individus et les collectifs qui leur prêtent vie. (suite…)

Se réunir. Du rôle des places dans la cité – Joëlle Zask

On connaît les places léguées par Jules César, Louis XIV, Napoléon III, Hitler, Staline ou Mao Zedong. Royales, impériales, nationalistes ou fascistes, elles jalonnent encore aujourd’hui nos villes et nos villages. Mais pourquoi les démocrates n’ont-ils pas, eux aussi, réfléchi au rôle politique des places ? D’où vient cette lacune ? Quelle est la nature de l’inconscient politique qui nous les rend invisibles ? Et comment y remédier, à l’heure où la démocratie a plus que jamais besoin d’être revitalisée ? Joëlle Zask enquête sur les conditions matérielles qui rendent l’exercice de la démocratie possible. Car « en démocratie, plus on se réunit, plus grandes sont nos libertés, plus les institutions qui nous protègent sont fortes ». (suite…)

Écologie et Démocratie – Joëlle Zask

La démocratie et l’écologie seraient-elles incompatibles ? On entend souvent qu’il y aurait dans l’écologie quelque chose d’élitiste, de contraire aux désirs majoritaires. Ou alors qu’il faudrait, pour prendre le tournant écologique à temps, avoir recours à des méthodes autoritaires, user de la manière forte. Cet essai entreprend au contraire de démontrer que non seulement il n’y a pas de contradiction entre l’écologie et la démocratie, mais que l’une ne va pas sans l’autre. Avant de critiquer ou d’acclamer son gouvernement, le citoyen au sens fort participe activement à la création de ses propres conditions d’existence. Il transforme le monde en le préservant. Il jardine, construit, aménage, s’associe à d’autres, inventant avec la nature comme avec autrui des formes de vie communes. Aux côtés du système représentatif, il y a ou il devrait y avoir un système participatif qui permette à chacun d’entre nous d’« augmenter » le monde.
Voilà donc l’urgence qui anime ce propos : pour que notre monde ne devienne pas un monde de désolation, nous devons introduire dans l’idée de citoyenneté la production, l’entretien, la préservation et la transmission d’espaces concrets partageables – en somme, la juste occupation de la terre. (suite…)

Quand la forêt brûle Penser la nouvelle catastrophe écologique – Joëlle Zask

« Le phénomène des mégafeux agit comme un révélateur de notre rapport à la nature. »

Les feux de forêt ont pris depuis quelques années une ampleur inédite : nous avons désormais affaire, un peu partout dans le monde, à des mégafeux. Ils sont extraordinairement destructeurs et nul ne parvient à les arrêter. Symptôme spectaculaire du réchauffement climatique qu’ils contribuent à accélérer, ces mégafeux révèlent une société malade, qui a choisi de délaisser des usages traditionnels du feu au profit d’une approche techniciste et dominatrice – pendant d’un discours sur une nature idéalisée, à laquelle il ne faudrait pas toucher.
Quand la forêt brûle, véritable enquête philosophique, dessine les contours de ce nouveau fléau et nous aide à repenser nos relations avec la nature, qui n’est jamais que le résultat des soins que nous lui prodiguons. (suite…)

Fin de vie. Les soins palliatifs à l’épreuve de la communication – Laurence Bréau

En France, à partir des années 1970, la fin de vie est devenue une question sociétale évoluant sur les controverses liées à l’ouverture d’un droit à l’euthanasie et sur l’émergence de la médecine palliative. Aujourd’hui, plusieurs représentations sociales de la fin de vie circulent dans l’espace public : le discours social contemporain, saturé par la question euthanasique, légitime et véhicule un idéal de mort sans agonie, tandis que le discours eschatologique de la culture palliative, originellement fondé sur un humanisme chrétien, envisage la fin de vie comme une période propice à l’accomplissement de l’existence. Au sein de l’institution hospitalière, ces représentations divergentes participent à l’ancrage idéologique des thérapeutiques oncologiques et palliatives, deux spécialités médicales dont l’alliance des expertises, pourtant complémentaires, peine à se construire. Cet ouvrage, issu d’une recherche en sciences de l’information et de la communication, analyse la façon dont les politiques de santé publique, la communication hospitalière et les pratiques soignantes contribuent, par leurs interactions dynamiques, à l’évolution des condition de la fin de vie des malades en phase terminale de leur maladie. (suite…)

Enfants et descendants. Des acteurs de la parenté – Alice Sophie Sarcinelli, Agnès Martial et Anaïs Martin (dir.)

Ce numéro propose de renouveler l’approche des questions de parenté en considérant celle-ci à partir des discours, récits et pratiques des descendants et, plus particulièrement des enfants, entendus à la fois comme une catégorie d’âge et comme une catégorie de parenté. À partir de l’étude de situations contemporaines, caractérisées, en Europe ou en Amérique, par les circulations d’enfants, la migration ou l’émergence de nouvelles formes de vie familiale, ce déplacement de focale éclaire des expériences et des pratiques de parenté mal connues, tout en soulignant le rôle des enfants et des descendants dans les processus de fabrication et de transmission des liens entre parents.

La publication s’inscrit dans le prolongement des travaux de l’ANR Origines.

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Ce que l’art fait à la ville en Afrique du Nord et au Moyen-Orient – Marie Bonte, Marion Slitine (dir.)

The fourth issue of Manazir Journal focuses on “making art” in urban public space in North Africa and the Middle East. Whether visual or performative, these urban arts (tags, graffiti, street art, murals, performances, live shows, sculptures and installations) contribute to renewing forms of expression of politics in public space and, more broadly, to transforming urban space. Indeed, the graffiti and street art scene has accelerated over the past decade in line with the so-called “Arab Spring”: every year, graffiti on walls multiply, new urban art centers appear, and festivals entirely dedicated to street art are organized. All these initiatives are gradually turning the city into an “open-air gallery” and are transforming the relationship between city dwellers and urban public space. While many scholarly works have begun to take an interest in artistic practices in the MENA region, few of them have explored their urban dimensions. By asking what art does to the city, the contributions in this issue question the renewal of the links between art, modes of appropriation of urban space, and forms of political expression.

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Vivre le patrimoine mondial au quotidien – Isabelle Brianso et Dominique Cassaz (dir.)

Lié aux 25 ans de l’inscription du centre d’Avignon au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’ouvrage interroge les relations que les habitants entretiennent, dans leurs pratiques ordinaires, avec le patrimoine urbain. Texte intégral disponible en libre accès.

A partir d’études de cas (France, Chili, Italie), les contributions ici réunies discutent des enjeux théoriques et pragmatiques, liés au fait d’habiter les villes inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, en fonction du statut des habitants ou de leurs choix de fréquentation de lieux (places, commerces, rues, quartiers). Ces pratiques journalières ancrent les résidents dans des habitudes, des sociabilités, un cadre de vie et des attachements qui constituent un terrain d’enquête varié pour les chercheurs et les professionnels du patrimoine. Le livre évoque également la responsabilité des habitants en matière de développement durable.

Avec les contributions, pour le Centre Norbert Elias, d’Isabelle Brianso, Yannick Hascoet et Allison Guiraud.

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Penser, décider, agir : notre part de solidarité – Axelle Brodiez-Dolino

Qu’avons-nous fait de notre solidarité ? Le constat est accablant : dans un monde bouleversé par la mondialisation et le rapport au travail, la société se tend, les politiques mises en place se durcissent et les fractures se creusent. Dans cet essai, Axelle Brodiez-Dolino nous livre une réflexion destinée à réinventer une solidarité liée à l’urgence écologique, à laquelle chacun·e doit prendre sa part. L’enjeu est de taille dans une société à refonder et une démocratie à préserver. (suite…)

Moi aussi. La nouvelle civilité sexuelle – Irène Théry

D’un côté, cet essai de sciences sociales fait la généalogie de MeToo. Trois révolutions du permis et de l’interdit sexuels ont jalonné l’histoire de nos sociétés : l’invention du rapt de séduction au xvie siècle ; l’imposition d’un ordre matrimonial sécularisé en 1804 ; l’égalité de sexe à partir des années 1970. (suite…)

Faire famille sans faire couple – Pierre-Yves Wauthier

Des « mamans faisant un bébé toutes seules » aux « polyamoureux assumés », cet ouvrage ethnosociologique présente trente-cinq parcours de vie atypiques. À leurs manières, ils montrent comment des attributs de la société contemporaine permettent à certaines personnes de déconjugaliser cinq fonctions anthropologiques pourtant traditionnellement conjugales : éprouver un sentiment d’attachement pour autrui, vivre sa sexualité, cohabiter, se reproduire et élever des enfants. L’analyse met en évidence des évolutions idéologiques, économiques et technologiques qui ont contribué à transformer le paysage familial en Europe francophone, incitant l’individu et le théoricien à interroger le sens du couple et de la famille aujourd’hui. (suite…)

La musique à l’épreuve de la parole – Florence Lethurgez

L’ouvrage La musique à l’épreuve de la parole dresse un panorama des travaux de recherches que l’auteure consacre aux verbalisations de la musique, et plus particulièrement aux textes d’accompagnement de la musique contemporaine et de l’opéra. Les notices de présentation d’œuvres, les comptes rendus critiques, les commentaires de médiateurs culturels, les usages de livrets discographiques de mélomanes, chargés de communiquer avec les publics et d’en informer l’écoute, sont questionnés par le recours à l’enquête en sciences sociales. (suite…)