Les mots utilisés par les historiens pour décrire la nation ou la société diffèrent de ceux des autorités entre 1800 et 1820. La création des préfectures place les préfets au coeur d’une administration centralisée. Situés entre les ministres et les sous-préfets, en relation directe avec les autorités militaires et religieuses, ils entretiennent une correspondance administrative quotidienne avec divers interlocuteurs et traitent parfois les réclamations qui leurs sont transmises, directement ou non, par leurs administrés.
En tant que relais du pouvoir central, le personnel préfectoral est également amené à s’adresser directement à la population par le biais de proclamations. Tous ces documents révèlent les vues des gouvernants. Leurs représentations changent, ainsi que leur langage, au gré des succès diplomatiques, politiques ou militaires, et des défaites qui sonnent le glas de l’Empire fondé par Napoléon remplacé à sa chute par Louis XVIII sur le trône de France.
Les images véhiculées par les autorités n’évoluent pas toutes au même rythme ; elles demeurent complexes et soumises à des tensions révélatrices de leurs contradictions. Les pouvoirs publics réaffirment les traits communs propres à un « peuple » exceptionnel, distinct de ses voisins européens, souvent supérieur. Ils ne cachent pas pour autant les nombreuses divisions qui opposent les Français, « bons » ou « mauvais ».
Ils ne taisent pas non plus les différences qu’ils établissent entre les élites et le reste de la population, dénigré pour son appartenance sociale ou géographique et prennent en compte la souffrance des « malheureux ».

L’ouvrage est issu de la thèse de doctorat en histoire moderne de Cédric Audibert soutenue en 2014 sous la direction de Natalie Petiteau (Centre Norbert Elias/Avignon Université).

 

Couverture de : Cédric Audibert, "Les Français vus par ceux qui les gouvernent (1800-1820)" Les Indes savantes, 2018.Cédric Audibert
Les Français vus par ceux qui les gouvernent (1800-1820)
Préface de Natalie Petiteau
Collection : La boutique de l’histoire
Les Indes savantes, 2018.
978-2-84654-484-9