Karine Rassaert (Hahn) soutiendra sa thèse de doctorat en sociologie (EHESS), préparée sous la direction d’Emmanuel Pedler (EHESS), le 29 novembre 2023 à partir de 9h30 à l’EHESS Campus Marseille (La Vieille Charité, 2e étage, salle A).
La soutenance en présentiel est ouverte au public sans inscription.

Résumé
Les pratiques (ré)sonnantes du territoire de Dieulefit, Drôme : une autre manière de faire la musique À partir d’un regard ethnographique porté sur les pratiques musicales au sein desquelles je prends place dans le pays de Dieulefit (Drôme, France), j’observe en situation des fabrications de musiques, notamment au sein de la fanfare Tapacymbal et du Caem, école de musique associative locale, qui développe des pratiques collectives foisonnantes jouant de ses données locales. Pour des raisons à la fois dues aux institutions nationales, à l’histoire et à la culture du pays de Dieulefit, les pratiques musicales qui s’y façonnent révèlent et alimentent des modes d’organisation et des formes de relations qui sont propres à ces musiciens, et qui disent quelque chose de leur rapport au territoire. Les processus de fabrication et d’implémentation de ces musiques laissent émerger des manières de faire qui sont indissociablement musicales et politiques. Situant mon approche dans la continuité des propos des acteurs, j’observe de très près comment ces musiciens, à travers des formes plurielles d’enquêtes et de publicisation, se coordonnent dans des opérations de délibération, de traduction, d’ajustement, pour faire territoire cependant qu’ils fabriquent des pratiques musicales. Les circulations et les formes de mise en accord rythmique offrent une prise particulièrement dense pour interroger les rapports d’individuation et de collectif, ainsi qu’un cadrage sur les écarts, que ces musiciens s’attachent à rendre possible en les circonscrivant par leur jeu à quelque chose qui prend place dans leur fonctionnement, forme de revendication d’un faire commun pluriel et accueillant. Cet ensemble fonde une théorie musicale engagée, en résistance contre toute forme d’imposition qui ne ferait pas sens pour ses habitants, et qui crée dans le pays de Dieulefit les conditions d’une expressivité aux formes démocratiques.

Title
(Re)sounding practices in Dieulefit, Drôme : another way of making music

Abstract
(Re)sounding practices in Dieulefit,Drôme: another way of making music Based on an ethnographic perspective of the musical practices in which I am involved in the area of Dieulefit (Drôme, France), I describe the making of music in situ, particularly within the Tapacymbal brass band and the Caem, a local music school that is developing a wide range of collective practices based on local conditions. Due both to the national institutions and to the history and culture of the Dieulefit region, the musical practices that take shape there reveal and nourish modes of organisation and forms of relationship that are specific to these musicians, and which tells about their relationship with the region. The processes of making and implementing this music reveal ways of doing that are inextricably linked to music and politics. Taking from what the players have to say, I look closely at how these musicians coordinate their deliberation, translation and adjustment through a variety of forms of investigation and publicity, in order to create a territory, while at the same time producing musical practices. Circulation and the forms of rhythmic harmony offer a particularly dense outlet for questioning the relationships between individuation and the collective. They also allow framing the gaps, which these musicians endeavor to make possible by circumscribing them through their playing to something that takes place in their functioning. As a whole, this ensemble is a form of claim for a plural and welcoming shared experience; it is also the foundation of a committed musical theory, resisting any form of imposition that does not make sense to its inhabitants. It thus creates conditions for democratic forms of expression in Dieulefit’s region.

Jury
Emmanuel Pedler (Directeur de thèse), CNE/EHESS
Anne Damon-Guillot, Université Jean Monnet, Saint-Etienne
Jean-Paul Filiod, Université Claude Bernard Lyon 1
Anthony Pecqueux, CNRS
Monika Salzbrunn, Université de Lausanne
Joëlle Zask, CNE/Université Aix-Marseille

École doctorale
286 – EHESS