Marjorie Ruggieri (Centre Norbert Elias/EHESS) présente sa thèse de doctorat en anthropologie préparée sous la direction de Boris Pétric (Centre Norbert Elias/CNRS) et Caroline Bodolec (CECMC/CNRS) le mercredi 7 avril 2021 à 9h30.
Celles et ceux souhaitant assister à la visioconférence devront se rapprocher de la candidate.

Titre de la thèse
Ethnographie d’un tourisme paysager : l’engouement chinois pour la lavande provençale au XXIe siècle

Résumé
Les circulations touristiques dans les milieux autrefois principalement agricoles questionnent au-delà du simple sujet de la promotion, de l’accueil et de l’hébergement des touristes. Les contacts rapides entre les acteurs locaux et les touristes sont complexes et mettent en lumière une combinaison d’imaginaires et de représentations de ce paysage créant des situations de frictions. Sur le plateau de Valensole, territoire des Alpes-de-Haute-Provence, le paysage lavandier façonné par les agriculteurs et magnifié depuis longtemps par les poètes et les touristes européens, a connu récemment une forte attractivité impulsée par l’engouement des touristes chinois pour cette plante et le développement des réseaux sociaux. La rencontre entre Valensole, ses habitants, ses agriculteurs, ses élus, ses artisans, les guides et les touristes de passage, en particulier ceux de Chine venus voir les lavandes pendant leur périple en Europe, est le sujet de cette thèse à la croisée de plusieurs champs de recherche. Environ 60 000 touristes du monde chinois ont traversé le département des Alpes-de-Haute-Provence, et en particulier le plateau de Valensole, chaque été, depuis le début des années 2000. Même s’ils ne représentent qu’une catégorie infime des touristes étrangers en Région Sud (9%), leur périple en Provence suscite de nombreuses réactions, d’autant qu’à Valensole, cette proportion augmente et s’élève à 30 % de touristes chinois sur la totalité des touristes étrangers en 2016. Au-delà d’une observation des interactions et des pratiques touristiques, cette thèse a été l’occasion de donner la parole à des agriculteurs, dans un contexte où les questions du renouveau des campagnes et des mutations rurales sont au cœur des réflexions de la société. Le prisme chinois a permis de donner une dimension plus géopolitique et plus globale à cette activité touristique et à ce patrimoine naturel immatériel local.

Mots-clés
Patrimoine culturel immatériel, lavandiculture, paysage, tourisme chinois, circulation, altérité, imaginaires touristiques

Title
Ethnography of landscape tourism : the Chinese craze for Provençal lavender in the 21st century

Abstract
Tourist traffic in areas that were once mainly agricultural raises questions beyond the simple subject of promotion, reception and accommodation of tourists. The contacts between local actors and tourists are sometimes complex and bring to light various issues and representations of the territories and their heritage, the same heritage and terroir that attract these tourists. On the plateau of Valensole, a commune in the Alpes-de-Haute-Provence region, the landscapes that have long been magnified by poets and European tourists have recently undergone a radical transformation driven by the surge of chinese interest for lavander and the development of social networks. The encounter between Valensole, its inhabitants, farmers, elected officials, craftsmen, guides and, landscape tourists, especially those from China who came to see the lavender during their trip to Europe, is the subject of this thesis at the crossroads of several fields of research. About 60,000 tourists from the Chinese world have crossed the Alpes-de-Haute-Provence department, and in particular the Valensole plateau, every summer since the early 2000s. Even if they represent only a tiny category of foreign tourists in the Southern Region (9%), their journey in Provence arouses many reactions, all the more so since in Valensole, this proportion increases to 30% of all foreign tourists are Chinese. Beyond an observation of the interactions, issues and representations at the heart of this heritage and touristification of the Valensole plateau, this thesis was an opportunity to give voice to farmers, in a context where the issues of rural renewal and rural change are at the heart of society’s thinking. This local anchoring gives it its anthropological interest. The chinese prism has also given it a more geo-political and global ambition. The context of confinement due to the Covid-19 virus during the writing of this thesis confirmed the stakes of the questions of the globalization of exchanges and perceptions of territory (otherness / identity).

Keywords
Intangible cultural heritage, Lavander growing, Landscape, France (Provence), Chinese tourism, Flows

Jury
infos à venir

École doctorale
EHESS – Formation doctorale « Sciences sociales – Marseille » (École doctorale 286)
Spécialité : anthropologie sociale et ethnologie