Une analyse des actes technocritiques d’artistes, hackers et activistes de l’ère (post-)numérique.

Contre l’hégémonie de l’innovation, ces derniers invitent à « mordre la machine », ré-ouvrir les boîtes noires, reprendre la main, transformer l’imaginaire technique. Leurs différentes approches – sous-veillance, médias tactiques, design spéculatif, statactivisme, archéologie des médias – explorent et expérimentent le hardware des machines, les coulisses de l’intelligence artificielle, les algorithmes de surveillance, la reconnaissance faciale, la visualisation des données.
Ces actes de désobéissance numérique prennent le contre-pied de la gouvernementalité et souveraineté des plateformes (GAFAM). Ils réinscrivent l’histoire du code, du cryptage et du calcul dans une critique de la culture contemporaine et ré-ouvrent des voies d’émancipation citoyenne. « Faire œuvre de hacking » recouvre ici des enjeux sociaux et politiques autant qu’esthétiques : réflexivité (critique), autonomie, indépendance, réappropriation des cultures matérielles (contre l’obsolescence et contre l’opacité des systèmes). La question du détournement y est centrale, l’humour et la parodie y occupent une place de choix.
En proposant de « penser par l’art », l’ouvrage aborde différentes figures de cette désobéissance numérique à travers les œuvres de plusieurs artistes internationaux : Trevor Paglen (USA), Paolo Cirio (Italie, USA), Julien Prévieux, Benjamin Gaulon, Christophe Bruno, Samuel Bianchini (France), Bill Vorn (Canada), Disnovation.org (France, Pologne, Russie), HeHe (France, Allemagne, Royaume-Uni).

En proposant de « penser par l’art », l’ouvrage aborde différentes figures de cette désobéissance numérique à travers les œuvres de plusieurs artistes internationaux : Trevor Paglen (USA), Paolo Cirio (Italie, USA), Julien Prévieux, Benjamin Gaulon, Christophe Bruno, Samuel Bianchini (France), Bill Vorn (Canada), Disnovation (France, Pologne, Russie), HeHe (France, Allemagne, Royaume-Uni).

Jean Paul Fourmentraux, socio-anthropologue (PhD) et critique d’art (AICA), est Professeur à l’Université d’Aix-Marseille et membre du Centre Norbert Elias (UMR 8562). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur les (contre-)cultures numériques, dont Art et Internet (2005), L’Ere Post-media (2012), L’œuvre Virale (2013), Identités numériques (2015).

antiDATA, digital disobedience. Art and technocritical hacktivism

An analysis of the technocritical acts and strategies by artists, hackers and activists in the (post-)digital age.

Against the hegemony of innovation, they invite citizens to “bite the machine”, reopen the black boxes, regain control, transform the technical imagination. Their different approaches – under-surveillance, tactical media, speculative design, statactivism, media archeology – explore and experiment with machine hardware, behind the scenes of artificial intelligence, surveillance algorithms, facial recognition, data visualization.
These acts of digital disobedience deploy antidots against the platform governmentality and sovereignty (GAFAM). They re-inscribe the history of code, encryption and calculation in a critique of contemporary culture and re-open avenues for citizen emancipation.
“Doing a work of hacking” here covers social and political issues as much as aesthetic ones: reflexivity (criticism), autonomy, independence, reappropriation of material cultures (against obsolescence and against the opacity of systems). The question of diversion is central to it, humor and parody occupy a prominent place.
By proposing to « think through art », the book addresses different figures of this digital disobedience through the works of several international artists: Trevor Paglen (USA), Paolo Cirio (Italy, USA), Julien Prévieux, Benjamin Gaulon, Christophe Bruno, Samuel Bianchini (France), Bill Vorn (Canada), Disnovation.org (France, Poland, Russia), HeHe (France, Germany, United Kingdom).

By proposing to « think through art », the book addresses different figures of this digital disobedience through the works of several international artists: Trevor Paglen (USA), Paolo Cirio (Italy, USA), Julien Prévieux, Benjamin Gaulon, Christophe Bruno, Samuel Bianchini (France), Bill Vorn (Canada), Disnovation (France, Poland, Russia), HeHe (France, Germany, United Kingdom).

Socio-anthropologist (PhD) and art critic (AICA) Jean-Paul Fourmentraux, is a professor at Aix-Marseille University and a member of the Norbert Elias Centre in Marseille. He is the author of several books on digital (counter-)cultures, including Art et Internet (CNRS ed., 2010), L’Ère Post-media (Hermann, 2012),
L’oeuvre Virale. Net art et culture Hacker (La lettre volée, 2013), Identités numériques (CNRS ed., 2015).

 

Jean-Paul Fourmentraux
antiDATA, la désobéissance numérique. Art et hacktivisme technocritique 

Les presses du réel, 2020.
ISBN : 978-2-37896-185-5
A paraître le 26 octobre 2020.