Le séminaire « Une autre façon de raconter » connecte cette année trois lignes de réflexion, sur les nouveaux modes de narration en SHS, la question des impensés de la patrimonialisation muséale la question de la « digitalisation du monde ». Comme dans formule de 2018-2019 nous réunirons de façon plus interactive et réflexive les productions des artisans, des chercheurs et auteurs-dessinateurs. Chacune des journées sera l’occasion de faire se rencontrer des métiers et savoir-faire originaux sur des enjeux de techniques, de patrimoines et de numérisation du Monde que nous mettons en débat non seulement du point de vue des contenus mais également du point de vue de leur mise formes et en récits, qu’ils soient muséographiques, dessinés, photographiques, sonores ou textuels.

Coordination scientifique
Frédéric Joulian (Centre Norbert Elias/EHESS), Flavia Carraro (chercheure associée au Centre Norbert Elias), Nicolas Nova (HEAD), Aude Fanlo (MUCEM)

Contact : Frédéric Joulian, frederic.joulian@ehess.fr ; Anne Faure, anne.faure@mucem.org

Programme

 

Objets, gestes et patrimoines 1

Lundi 12 décembre 2022 – 10h00-17h30 – MUCEM, Fort Saint-Jean, Marseille


10h00
Accueil

10h15-10h30
Flavia Carraro (chercheure associé au Centre Norbert Elias), Aude Fanlo (MUCEM), Frédéric Joulian (Centre Norbert Elias/EHESS)
Présentation des journées

10h30-11h30
Frédéric Joulian (Centre Norbert Elias/EHESS)
Une autre façon de raconter, « objets, gestes et patrimoines » : une introduction

11h30-12h30
Flavia Carraro (chercheure associée au Centre Norbert Elias)
Y-a-t-il un langage commun aux textes et aux textiles ?

13:30-14:30
Felice Tiragallo (Università di Cagliari)
L’incorporation du regard

14h30-15h30
Lise Renaud (Centre Norbert Elias/Université d’Avignon)
Visite patrimoniale sur écrans : filiations et implications d’une écriture informatisée

15h30-16h30
Nicolas Nova (HEAD)
Des manettes aux consoles modifiées : une patrimonialisation singulière dans le jeu vidéo

16:30-17:30
Synthèse de la journée et débat avec les intervenants et la salle

 

 

Objets, gestes et patrimoines 2

Lundi 16 janvier 2023 – 10h00-17h30, MUCEM, Fort Saint-Jean, Marseille


 

10h00-11h00
Frédéric Joulian (Centre Norbert Elias/EHESS), Flavia Carraro (chercheure associé au Centre Norbert Elias), Nicolas Nova (HEAD)
Introduction à la journée « objets, gestes et patrimoines » : pourquoi et comment agir dans un monde instable ?

11h00-12h00
Geraldine Delley (Latenium, Neuchatel)
Des Choses – une exposition qui révélait le potentiel narratif des objets archéologiques

L’exposition Des choses au Laténium présentait jusqu’en janvier 2022 des objets que les archéologues considèrent comme des cas à part. Perçus comme déroutants, voire parfois dérangeants, ces pièces trouvent rarement leur place dans les cadres interprétatifs disciplinaires. A notre sens, ces cas limite constituent des témoignages idéals susceptibles d’ouvrir des perspectives inédites sur le rapport que l’archéologie entretient avec les objets qu’elle exhume et sur les récits qu’elle produit à leur propos. Dans ma présentation, je reviendrai sur les lectures que nous avons proposées de ces objets singuliers dans notre exposition ainsi que sur les moyens que nous avons mobilisés pour révéler leur potentiel narratif auprès du public.

13:30-14:30
Eric Triquet (Centre Norbert Elias/Avignon Université), Alain Charron (Musée de l’Arles Antique)
La mise en scène de l’Égypte ancienne dans la BD « Sur les terres d’Horus »

« Sur les terres d’Horus » (8 tomes) d’Isabelle Dethan. Cette série met en scène des intrigues politiques prenant place dans l’Égypte antique à l’époque de Ramsès II. Ces dernières mêlent dans un même scénario fiction et faits scientifiques. Des questions contemporaines sont abordées comme la place des femmes dans cette société, le rapport aux croyances ou encore les conflits sociaux. La volonté de dépasser les stéréotypes liés au monde antique est ici manifeste. Dans son travail d’auteure-illustratrice Isabelle Dethan se nourrit non seulement de ses voyages en Égypte, mais aussi de ses lectures scientifiques et de ses échanges avec des archéologues spécialistes de cette période. Dans cette présentation nous montrerons comment les données et connaissances scientifiques sont mobilisées pour construire les personnages, le cadre spatio-temporel, les événements mais verrons également dans quelle mesure les intrigues constituent un levier pour convoquer des questionnements explorés par les chercheurs et comment ceux-ci sont mis en scène dans les différents albums. Nous proposons de présenter une analyse sémio-scientifique de cette BD à partir des regards croisés d’un chercheur en sciences de l’information et de la communication – Eric Triquet – et d’un archéologue, Conservateur en chef Musée départemental Arles Antique – Alain Charron.

14:30-16:30
Mylène Pardoen (Archéologue sonore, MSH – LSE / CNRS / UAR2000)
Archéologie du paysage sonore et patrimoine culturel immatériel

Outre l’archéologie du paysage sonore (qui reste mon coeur de métier), je travaille sur le patrimoine culturel immatériel et notamment la sensorialité des métiers de l’artisanat (bâti et métiers d’art) essayant de contribuer au mieux à la préservation sensorielle de ces métiers. Pour ce faire, j’ai monté le projet ESPAHISTOSS (Étude et analyse sensorielle des métiers du patrimoine historique (bâti et artisanat d’art) et leur restitution sonore et sauvegarde numérique) https://archeoson.hypotheses.org/2649.
Je travaille à présent à l’élaboration d’une trans-discipline hybride (puisque l’on maîtrise la totalité de la chaine de conception de la recherche d’information, à sa diffusion (sur 31 enceintes) en passant par des captations très spécifiques (pour bien cerner les relations qui peuvent, notamment, exister entre le geste et la transformation de la matière). (cf. le carnet de recherche ArchéoSonhttps://archeoson.hypotheses.org)

16:30-17:30
Synthèse de la journée et débat avec les intervenants et la salle

Image : Filmage dans un atelier de fabrication d’ombrelles en Washi et bambou, Kyoto, novembre 2022 – © Frédéric Joulian